Latanoprost topique 0,1 % face à Placebo

Comparaison directe : seuls les essais qui ont testé les deux traitements sur les mêmes patients, et les critères mesurés des deux côtés. 1 essai.

En bref

Chez 16 hommes atteints d'une alopécie androgénétique légère (stade II à III), la zone traitée par latanoprost topique 0,1 % gagne +22 % de densité en 24 semaines, contre +10 % pour la zone placebo du même crâne, un écart significatif (Blume-Peytavi 2012). Le rapport entre cheveux épais et duvet, lui, ne diffère pas significativement. Ce résultat repose sur un seul petit essai de fiabilité moyenne : un indice, à confirmer.

Efficacité et résultats

4 critères

Ce que le traitement fait pousser, mesuré par rapport à l'inclusion.

Combien de cheveux

1

Le nombre de cheveux sur une surface donnée, avant et après traitement.

Gain de densité, en pourcentageÉvolution du nombre de cheveux par rapport au départ, en pourcentage : +10 % signifie dix cheveux de plus pour cent cheveux présents au début. Mesuré en %, plus haut est mieux, à 6 mois (24 semaines)
HommesMesuré en zone frontaleComparaison directe, même essai
Latanoprost topique 0,1 %16 dans ce groupe
+22%
Placebo16 dans ce groupe
+10%
À retenir Une seule mesure des deux côtés (Blume-Peytavi 2012, 6 mois) : +22 % contre +10 %, soit un écart de 12 %, en faveur de Latanoprost topique 0,1 %. Cet écart est très probablement réel.

Quelle épaisseur, quelle nature

1

Un cheveu plus épais couvre mieux, même à nombre égal. Le duvet, lui, ne couvre rien.

Cheveux épais par duvetCombien de vrais cheveux épais il y a pour un duvet fin. Un rapport qui baisse signale que la chevelure s'affine, même si le nombre total de cheveux augmente. Mesuré en ratio, plus haut est mieux, à 6 mois (24 semaines)
HommesMesuré en zone frontaleComparaison directe, même essai
Latanoprost topique 0,1 %16 dans ce groupe · 16,26 à l'inclusion
11,28ratio
Placebo16 dans ce groupe · 16,77 à l'inclusion
14,35ratio
À retenir Une seule mesure des deux côtés (Blume-Peytavi 2012, 6 mois) : 11,28 ratio contre 14,35 ratio, soit un écart de 3,07 ratio, en faveur de Placebo. Cet écart peut être dû au hasard.

Où en est le cycle de pousse

2

Un cheveu alterne pousse, repos et chute. Ces critères disent où en est la chevelure dans ce cycle.

Cheveux en pousseVariation, en points de pourcentage, de la part des cheveux en phase de croissance. Mesuré en points de %, plus haut est mieux, à 6 mois (24 semaines)
HommesMesuré en zone frontaleComparaison directe, même essai
Latanoprost topique 0,1 %16 dans ce groupe
-5,1points de %
Placebo16 dans ce groupe
-5,6points de %
À retenir Une seule mesure des deux côtés (Blume-Peytavi 2012, 6 mois) : -5,1 points de % contre -5,6 points de %, soit un écart de 0,5 points de %, en faveur de Latanoprost topique 0,1 %. Cet écart est probablement réel.
Cheveux qui poussent par cheveu au reposCombien de cheveux poussent pour un cheveu qui se repose. Un rapport qui baisse veut dire qu'une part plus grande de la chevelure est entrée en phase de repos. Mesuré en ratio, plus haut est mieux, à 6 mois (24 semaines)
HommesMesuré en zone frontaleComparaison directe, même essai
Latanoprost topique 0,1 %16 dans ce groupe · 1,98 à l'inclusion
1,57ratio
Placebo16 dans ce groupe · 2,28 à l'inclusion
1,67ratio
À retenir Une seule mesure des deux côtés (Blume-Peytavi 2012, 6 mois) : 1,57 ratio contre 1,67 ratio, soit un écart de 0,1 ratio, en faveur de Placebo. Cet écart est probablement réel.
Chaque traitement en détail

Tous les critères mesurés pour chacun, dans tous ses essais.

Qualité des études mobilisées1 essai

Tout ce qui suit repose sur ces essais. Leur fiabilité conditionne la confiance à accorder à chaque chiffre.

Blume-Peytavi 2012 · Journal of the American Academy of Dermatology
Essai randomisé contrôlé, 16 participants

DOI 10.1016/j.jaad.2011.05.026

Réserves méthodologiquesHommes

Protocole correct, mais quelques points affaiblissent la confiance.

Le détail méthodologique

Etude pilote monocentrique randomisee en double insu, a plan intra-individuel : chaque sujet recoit le latanoprost sur une minizone du cuir chevelu et le placebo sur la minizone symetrique, l'attribution droite ou gauche etant tiree au sort. Cet appariement neutralise les differences entre personnes, c'est sa force. Reserves : 16 sujets seulement, tous jeunes et a alopecie legere, sur des zones frontotemporales de 3 cm2 choisies par les auteurs, qui reconnaissent dans les limites que ce choix a pu peser. Un passage du produit d'une minizone a l'autre n'est pas formellement exclu, les deux sites etant sur le meme cuir chevelu a 8 cm au minimum, et un sujet a d'ailleurs ressenti une brulure AUX DEUX sites. Financement par une bourse L'Oreal, aucun lien d'interet declare. DEUX INCOHERENCES INTERNES relevees, non corrigees a l'extraction. Un, le resume donne P = .0004 pour la difference de densite entre site traite et site placebo a 24 semaines, la section resultats donne P = .004 pour la meme comparaison ; la valeur des resultats a ete retenue, conformement a la regle 4. Deux, la conclusion du resume annonce une hausse des cheveux « terminaux et duvet » alors que les resultats montrent une part de duvet en HAUSSE de 3,5 %, une part de terminaux en baisse, et un rapport terminaux/duvet tombant de 16,26 a 11,28 : la densite monte, mais sa composition s'affine.

Financé par bourse de recherche L'Oreal Civatte Professorship.

Populations étudiées1 population

Chaque indicateur porte l'étiquette de la population dans laquelle il a été mesuré. Un résultat obtenu chez l'un ne vaut pas automatiquement pour l'autre.

Hommes

Hommes a alopecie androgenetique legere, Hamilton-Norwood grade II a III, minizone traitee contre minizone placebo chez le meme sujet

Journal of the American Academy of Dermatology 2012, 13 indicateurs

Comprendre les termes employés

Les quelques mots de méthode qu'il n'est pas possible d'éviter sans perdre en précision.

Essai randomisé contrôlé
Les participants sont répartis au hasard entre le traitement testé et un comparateur. Le tirage au sort évite que les deux groupes diffèrent au départ, ce qui en fait le type d'étude le plus fiable sur une question de traitement.
Double aveugle
Ni le patient ni le médecin ne savent qui reçoit quoi. Cela compte surtout pour les symptômes déclarés par le patient : savoir que l'on prend un traitement suffit à modifier ce que l'on rapporte.
Placebo
Un traitement sans principe actif, d'apparence identique. Il sert de point de référence : une partie de l'amélioration observée sous traitement se produit aussi sans lui.
Écart réel ou dû au hasard
Une étude mesure un échantillon, pas toute la population : un écart entre deux groupes peut venir du seul hasard du tirage. Les auteurs le testent par un calcul statistique. « Très probablement réel » : le hasard l'explique très difficilement. « Probablement réel » : le hasard l'explique difficilement. « Peut être dû au hasard » : le calcul ne permet pas d'écarter le hasard, ce qui ne prouve pas pour autant que les deux traitements se valent.
Participants
Le nombre de personnes dans le groupe concerné. Un résultat obtenu sur quinze personnes est bien plus incertain que le même résultat sur trois cents.
Comparaison directe ou indirecte
Directe : les deux traitements ont été comparés dans le même essai, avec le même protocole. Indirecte : les chiffres viennent d'essais différents, sur des patients différents, et l'écart ne peut pas être lu comme une mesure.