Minoxidil topique 2 % face à Véhicule

Comparaison directe : seuls les essais qui ont testé les deux traitements sur les mêmes patients, et les critères mesurés des deux côtés. 1 essai.

En bref

Un seul petit essai de fiabilité limitée oppose le minoxidil topique 2 % à son véhicule sans principe actif, dans la pelade (Olsen 1992). Il porte sur des patients dont les cheveux avaient d'abord repoussé sous prednisone, tirés au sort ensuite entre les deux lotions, le minoxidil étant appliqué trois fois par jour. Des cheveux ont repoussé chez 6 patients sur 7 sous minoxidil, contre 1 sur 6 sous véhicule. L'article ne teste pas cet écart, et l'effectif est trop faible pour conclure.

Efficacité et résultats

1 critère

Ce que le traitement fait pousser, mesuré par rapport à l'inclusion.

Combien s'améliorent, stagnent ou reculent

1

La répartition des participants entre ceux qui vont mieux, ceux qui ne bougent pas et ceux qui perdent du terrain.

Patients ayant vu leurs cheveux repousserPart des patients chez qui l'examen constate une repousse visible des cheveux, selon les critères propres à chaque essai. Mesuré en %, plus haut est mieux. Taux calculé à partir des effectifs : Minoxidil topique 2 % 6 sur 7, Véhicule 1 sur 6
Hommes et femmes, peladeComparaison directe, même essai
Minoxidil topique 2 %3 applications par jour7 dans ce groupe
85,7% des patients
Véhicule6 dans ce groupe
16,7% des patients
À retenir Une seule mesure des deux côtés (Olsen 1992) : 85,7 % des patients contre 16,7 % des patients, soit un écart de 69 % des patients, en faveur de Minoxidil topique 2 %. L'article ne teste pas cet écart.

FAQ

26 questions

Les questions que l'on se pose sur ce traitement. Chaque réponse s'appuie sur les chiffres présentés plus haut.

Le minoxidil 2 % fait-il repousser des cheveux visibles chez l'homme ?
Preuves modéréesRésultats concordants9 essais, 1480 participants

Chez l'homme, le minoxidil 2 % fait gagner plus de cheveux visibles (non duvet) que le placebo dans tous les essais qui le chiffrent. En quatre mois, +65 contre +15 cheveux sur un cercle de 5,1 cm² (Kreindler 1987) et +58,2 contre +4 (Savin 1987). En six mois, +54,09 contre +15 (Shupack 1987), +190 contre +81 (Olsen 1986), +37,6 sous minoxidil (Connors 1990,05 contre placebo) et +94,6 contre +65,3 sur un cercle de 4,9 cm² (Civatte 1987) ; les formes solution et gel font aussi mieux que le placebo (Piepkorn 1988). Mesuré au cm² par macrophotographie, le gain est plus modeste : +12,7 cheveux par cm² à 48 semaines (Olsen 2002,013 contre placebo), où le minoxidil 5 % fait mieux (+18,6).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : huit essais randomisés chez l'homme et une série. Dégradé d'un niveau pour risque de biais : la plupart des essais datent des années 1980, avec comptage manuel, perdus de vue et financement du fabricant ; seul l'essai d'Olsen 2002, en double aveugle sur 393 hommes, est à faible risque de biais, et il confirme le gain. Non dégradé pour incohérence : tous les essais vont dans le même sens, même si l'ampleur dépend beaucoup de la méthode de comptage.

Niveau abaissé pour : risque de biais.

Hommes de 18 à 49 ans, calvitie débutante du vertex (Hamilton III vertex à V). Suivi de quatre mois à un an. Les gains en dizaines ou centaines de cheveux des essais anciens et les gains au cm² des essais récents ne se comparent pas.

Le minoxidil 2 % fait-il repousser des cheveux chez la femme atteinte d'alopécie androgénétique ?
Preuves élevéesRésultats concordants3 essais, 1035 participants

Chez la femme, le minoxidil 2 % fait gagner plus de cheveux visibles (non duvet) que le placebo dans les trois essais : +33 contre +19 cheveux par cm² à 32 semaines (Jacobs 1993), +23 contre +11 (DeVillez 1994), et +20,7 cheveux par cm² à 48 semaines (Lucky 2004,001 contre placebo), avec un gain déjà visible à 8 semaines (+18,3). Dans ce dernier essai, le minoxidil 5 % ne fait pas significativement mieux que le 2 % (+24,5 contre +20,7 à 48 semaines), à aucun moment du suivi.

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : trois essais randomisés en double aveugle contre placebo, dont deux à faible risque de biais. Non dégradé : les trois essais trouvent un gain net et significatif, du même ordre de grandeur au cm². Tous sont financés par le fabricant du minoxidil (Upjohn puis Pharmacia).

Femmes de 18 à 49 ans, alopécie androgénétique Ludwig I ou II. Suivi de 8 à 48 semaines.

Le minoxidil 2 % augmente-t-il le nombre total de cheveux chez l'homme, duvet compris ?
Preuves faiblesRésultats mixtes5 essais, 694 participants

Sur le nombre total de cheveux, duvet compris, l'avantage du minoxidil 2 % est moins net. À six mois, +175 contre +90 cheveux sur un cercle de 5,1 cm² (Olsen 1986). À quatre mois, +76,2 contre +47,6 (Savin 1987), mais +81 contre +56 sans différence significative (Kreindler 1987), et +151 contre +114 sous placebo, sans différence significative non plus (Olsen 1985). Le placebo fait lui aussi gagner des cheveux dans ces essais, ce qui tient en partie au comptage manuel. Une série du Moyen-Orient sans groupe témoin rapporte +219 cheveux à 48 semaines (Karam 1993).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : quatre essais randomisés et une série, tous chez l'homme. Dégradé de deux niveaux. Risque de biais : essais des années 1980, comptage manuel, analyses limitées aux patients restants. Incohérence : deux essais trouvent un avantage significatif et deux non, avec des gains sous placebo souvent élevés. Le nombre de cheveux visibles (non duvet), mesuré dans les mêmes essais, distingue mieux le minoxidil du placebo.

Niveau abaissé pour : risque de biais, incohérence.

Hommes de 18 à 49 ans, calvitie débutante. Comparaison au placebo sur quatre à six mois, un an dans la série. Les comptages incluent le duvet. Chez la femme, un seul essai mesure ce gain, contre l'alfatradiol (Blume-Peytavi 2007) : il n'est pas repris ici.

Chez l'homme, la densité de cheveux mesurée sous minoxidil 2 % se distingue-t-elle de celle sous placebo après quelques mois ?
Preuves faiblesRésultats concordants3 essais, 256 participants

Mesuré en niveau à quatre mois, le nombre de cheveux augmente autant sous minoxidil 2 % que sous placebo dans deux essais : de 63,5 à 88,1 contre de 65 à 88,7 cheveux sur un cercle de 5,1 cm² (Rietschel 1987), et de 158,2 à 270,2 contre de 162,6 à 246,9 (Roberts 1987), sans différence significative. Dans un sous-groupe de 6 hommes suivis au trichogramme, la densité passe de 199 à 206 cheveux par cm² à six mois, puis 203 à un an (Rushton 1989).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : trois essais randomisés. Dégradé de deux niveaux. Risque de biais : essais des années 1980, comptages manuels, analyses limitées aux patients restants. Imprécision : petits effectifs, et le troisième essai ne mesure la densité que chez 6 hommes, sans groupe témoin pour ce sous-groupe. Ces niveaux bruts ne contredisent pas les gains mesurés en variation dans d'autres essais : le placebo progresse lui aussi, et quatre mois est un délai court.

Niveau abaissé pour : risque de biais, imprécision.

Hommes atteints d'alopécie androgénétique du vertex. Suivi de quatre mois, un an pour le sous-groupe de Rushton 1989.

Chez la femme, que donne le minoxidil 2 % seul sur la densité, et que gagne-t-on à lui associer autre chose ?
Preuves faiblesRésultats concordants3 essais, 139 participants

Chez la femme, le minoxidil 2 % seul augmente modestement la densité : de 113 à 123 cheveux par cm² à 26 semaines (Khattab 2020), de 83,8 à 96,35 à 24 semaines (Zhang 2022), de 107,4 à 113,6 à 39 semaines (Vahabi-Amlashi 2021). Lui associer des fils de PLLA (de 114 à 143) ou un microneedling hebdomadaire (de 84,5 à 121,9) fait nettement mieux. Le minoxidil oral 0,25 mg fait jeu égal avec lui (de 102 à 115,8).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : trois essais randomisés, mais aucun ne compare le minoxidil 2 % au placebo : il y sert de bras de référence face à une association ou au minoxidil oral. Dégradé de deux niveaux. Risque de biais : essais ouverts ou à demi-crâne, sans aveugle complet. Imprécision : 27 à 72 femmes par essai. La hausse sous minoxidil seul ne peut pas être séparée de l'évolution naturelle, faute de placebo.

Niveau abaissé pour : risque de biais, imprécision.

Femmes adultes atteintes d'alopécie à motif féminin, dont un essai chinois. Suivi de six à neuf mois. Aucune comparaison au placebo dans ces trois essais.

Le minoxidil 2 % fait-il gagner des cheveux épais chez l'homme ?
Preuves modéréesRésultats concordants3 essais, 370 participants

Le minoxidil 2 % fait gagner plus de cheveux épais (terminaux) que le placebo en quatre mois : +126 contre +59 cheveux sur un cercle de 5,1 cm² (Olsen 1985), +104 contre +50 (Katz 1987), et un gain significativement supérieur au placebo dans l'essai de DeVillez 1987. Dans l'essai de Katz, le 2 % fait même mieux que le 3 % (+104 contre +74), et le gain atteint +213 à un an chez les hommes restés sous traitement.

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : trois essais randomisés chez l'homme. Dégradé d'un niveau pour risque de biais : essais des années 1980, comptage manuel à la loupe, analyses limitées aux patients restants. Non dégradé pour incohérence : les trois essais trouvent un avantage net sur le placebo. L'avantage du 2 % sur le 3 % dans un seul essai n'est pas retrouvé ailleurs et ne suffit pas à conclure.

Niveau abaissé pour : risque de biais.

Hommes de 17 à 49 ans, calvitie débutante (Hamilton III à Va). Comparaison au placebo sur quatre mois ; au-delà, tous les patients sont sous minoxidil. Chez la femme, un essai contre l'alfatradiol (Blume-Peytavi 2007) n'est pas repris ici.

Chez la femme, le médecin voit-il une amélioration sous minoxidil 2 %, par rapport au placebo ?
Preuves élevéesRésultats concordants3 essais, 694 participants

Chez la femme, l'investigateur juge la chevelure améliorée plus souvent sous minoxidil 2 % que sous placebo : 44 % contre 29 % à 32 semaines (Jacobs 1993) et 63 % contre 39 % (DeVillez 1994). Associé à un microneedling hebdomadaire, le minoxidil 2 % améliore 85 % des femmes, contre 45 % sans (Zhang 2022).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : trois essais randomisés, dont deux en double aveugle contre placebo et à faible risque de biais. Non dégradé : les deux essais contre placebo trouvent un écart net et significatif dans le même sens. Le jugement de l'investigateur est subjectif mais rendu en aveugle ; le placebo améliore lui aussi près d'un tiers des femmes, d'où l'intérêt de la comparaison.

Femmes de 18 à 45 ans, alopécie androgénétique Ludwig I ou II, et femmes chinoises dans l'essai sur le microneedling. Suivi de 24 à 32 semaines. Chez l'homme, un seul essai ancien chiffre ce jugement (Savin 1987) : il n'est pas repris ici.

Sur photographies, quelle part des personnes traitées par minoxidil 2 % voit sa chevelure s'améliorer ?
Preuves faiblesRésultats concordants3 essais, 533 participants

Sur photographies, le minoxidil 2 % améliore environ une personne sur deux : 44 % des hommes à 48 semaines (Olsen 2002, 62 sur 142), 56,1 % des femmes à 24 semaines (Blume-Peytavi 2011) et 52 % des femmes à 26 semaines (Khattab 2020, 14 sur 27). Chez la femme, la mousse de minoxidil 5 % une fois par jour ne fait pas significativement mieux (67,7 %), alors que l'ajout de fils de PLLA porte l'amélioration à 93 %.

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : trois essais randomisés, mais les chiffres retenus ne comparent pas le minoxidil 2 % au placebo : ils décrivent la part d'améliorés sous 2 %, face au 5 % ou à une association. Dégradé de deux niveaux, pour caractère indirect (pas de comparaison au placebo) et pour risque de biais (essai à demi-crâne sans aveugle complet pour les fils de PLLA). Les trois taux sont proches, autour d'une personne sur deux.

Niveau abaissé pour : caractère indirect, risque de biais.

Hommes de 18 à 49 ans atteints au vertex, et femmes adultes. Suivi de 24 à 48 semaines.

Le minoxidil 2 % augmente-t-il la densité de cheveux visibles par rapport au placebo ?
Preuves élevéesRésultats concordants3 essais, 901 participants

Le minoxidil 2 % porte la densité de cheveux visibles (non duvet) plus haut que le placebo. Chez la femme, de 136,7 à 169,8 cheveux par cm², contre de 139,8 à 158,9 sous placebo, à 32 semaines (Jacobs 1993), et de 140,4 à 163,1 contre de 138,6 à 148,7 (DeVillez 1994). Chez l'homme, 200,3 contre 155,6 cheveux sur un cercle de 4,9 cm² à 24 semaines (Civatte 1987).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : trois essais randomisés en double aveugle contre placebo, dont deux à faible risque de biais. Non dégradé : les trois essais, deux chez la femme et un chez l'homme, trouvent une densité significativement plus haute sous minoxidil. Tous sont financés par le fabricant (Upjohn).

Femmes de 18 à 45 ans (Ludwig I ou II) et hommes de 18 à 49 ans (Hamilton III vertex à V). Suivi de 24 à 32 semaines.

Les patients sous minoxidil 2 % se trouvent-ils plus améliorés que sous placebo ?
Preuves faiblesRésultats concordants3 essais, 432 participants

Les patients ne perçoivent pas clairement la différence avec le placebo. Chez l'homme, 23 % décrivent une pousse modérée ou dense sous minoxidil 2 %, contre 20 % sous placebo à 24 semaines (Civatte 1987) ; dans l'essai de Piepkorn 1988, 48 % contre 36 % avec la solution et 26 % contre 33 % avec le gel, sans différence significative. Chez la femme, 80,7 % se jugent améliorées sous minoxidil 2 % et 73,2 % sous mousse de minoxidil 5 %, sans différence (Blume-Peytavi 2011).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : trois essais randomisés. Dégradé de deux niveaux. Imprécision : dans l'essai de Piepkorn, les taux portent sur 9 à 23 patients par bras. Risque de biais : jugement subjectif, essai ancien à risque de biais élevé. Les trois essais concordent : l'avis des patients ne sépare pas nettement le minoxidil du placebo, alors que les comptages le font.

Niveau abaissé pour : imprécision, risque de biais.

Hommes de 18 à 49 ans, calvitie du vertex, et femmes adultes. Suivi de six mois.

Arrête-t-on souvent le minoxidil 2 % à cause d'un effet indésirable ?
Preuves élevéesRésultats concordants7 essais, 3538 participants

Rares sont les patients qui arrêtent le minoxidil 2 % à cause d'un effet indésirable, et pas plus que sous placebo : 10 sur 771 contre 8 sur 779 en quatre mois dans un essai de 2326 adultes (Spindler 1988), 2 sur 176 contre aucun sur 170 (Jacobs 1993), 1 sur 157 contre 1 sur 151 (DeVillez 1994), 1 sur 125 (Civatte 1987), aucune sur 31 face à une lotion d'extrait placentaire (Barat 2020). Sur deux ans, 7,5 % arrêtent pour cette raison dans une série (Wilson 1991) ; 2 femmes sur 30 contre 3 sur 30 sous cétirizine topique dans un essai récent (Alavi 2023).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : six essais randomisés et une série. Non dégradé : les essais contre placebo, dont un de 2326 adultes et deux à faible risque de biais, trouvent tous très peu d'arrêts et autant que sous placebo.

Hommes et femmes adultes, suivis de quatre mois à deux ans.

Le minoxidil 2 % fait-il pousser des poils ailleurs que sur le crâne ?
Preuves modéréesRésultats concordants6 essais, 849 participants

Une pilosité accrue hors du cuir chevelu est fréquente chez la femme sous minoxidil 2 % : 22 % contre 16 % sous placebo à un an (Lucky 2004, 34 sur 154 contre 12 sur 74), 15 sur 57 contre 6 sur 56 avec la mousse de minoxidil 5 % une fois par jour (Blume-Peytavi 2011), 3 sur 20 (Zhang 2022), 8 % (Vahabi-Amlashi 2021) et 3 sur 31 face à une lotion d'extrait placentaire (Barat 2020). Chez l'homme, elle reste rare : 2 sur 41 en un an (Olsen 1985).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : six essais randomisés. Dégradé d'un niveau pour imprécision : un seul essai compare au placebo, et les autres comptent quelques cas par bras. Tous retrouvent cet effet, plus fréquent chez la femme.

Niveau abaissé pour : imprécision.

Femmes de 18 à 49 ans surtout ; hommes dans un seul essai. Suivi de six mois à un an. Les essais retenus ne disent pas ce que devient cette pilosité à l'arrêt.

Le minoxidil 2 % donne-t-il des maux de tête ?
Preuves élevéesRésultats concordants4 essais, 3213 participants

Les maux de tête ne sont pas plus fréquents sous minoxidil 2 % que sous placebo : 8 cas sur 771 contre 8 sur 779 en quatre mois chez 2326 adultes (Spindler 1988), 1 sur 158 contre 1 sur 78 chez l'homme (Olsen 2002). Chez la femme, 6 cas sur 154 contre aucun sur 74 sous placebo (Lucky 2004) et 7 % contre 3,6 % sous mousse de minoxidil 5 % (Blume-Peytavi 2011).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : quatre essais randomisés. Non dégradé : le plus grand, sur 2326 adultes, trouve exactement autant de cas sous minoxidil que sous placebo, et le second essai contre placebo chez l'homme aussi. Le petit excès observé chez la femme dans l'essai de Lucky 2004 repose sur 6 cas.

Hommes et femmes adultes, suivis de quatre mois à un an.

Le minoxidil 2 % peut-il provoquer une allergie de contact ?
Preuves faiblesRésultats concordants3 essais, 649 participants

L'eczéma de contact, une allergie à la lotion, touche quelques patients sous minoxidil 2 % : 2 sur 158 contre aucun sur 78 sous placebo à un an (Olsen 2002), et 3,7 % sur deux ans dans une série (Wilson 1991). Dans un essai néerlandais, aucun cas en six mois sous minoxidil, mais 3 des 46 patients passés du placebo au minoxidil en font un dans le mois : l'allergie porte sur le minoxidil lui-même pour deux d'entre eux et sur le propylène glycol de la lotion pour le troisième (van der Willigen 1987).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : deux essais randomisés et une série. Dégradé de deux niveaux. Imprécision : quelques cas seulement. Risque de biais : l'essai néerlandais et la série sont anciens et à risque de biais élevé. Tous retrouvent quelques cas, dont certains confirmés par tests allergologiques.

Niveau abaissé pour : imprécision, risque de biais.

Hommes et femmes adultes, suivis de six mois à deux ans. Le propylène glycol de l'excipient peut être en cause autant que le minoxidil.

Le minoxidil 2 % en lotion a-t-il des effets sur le cœur ou la tension ?
Preuves modéréesRésultats concordants3 essais, 1021 participants

Les effets cardiovasculaires (palpitations, variations de tension, douleur thoracique) ne sont pas plus fréquents sous minoxidil 2 % que sous placebo : 6 % contre 4 % à un an chez l'homme (Olsen 2002, 9 sur 158 contre 3 sur 78), 1 % contre 3 % chez la femme (Lucky 2004), 2 sur 125 contre 3 sur 122 (Civatte 1987).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : trois essais randomisés en double aveugle contre placebo. Dégradé d'un niveau pour imprécision : peu de cas dans chaque bras. Les trois essais ne trouvent pas d'écart net avec le placebo, dans un sens ou dans l'autre.

Niveau abaissé pour : imprécision.

Hommes et femmes de 18 à 49 ans, suivis de six mois à un an.

Le minoxidil 2 % fait-il démanger le cuir chevelu ?
Preuves faiblesRésultats mixtes4 essais, 977 participants

Les démangeaisons sont rares sous minoxidil 2 % dans les essais contre placebo : 2 sur 158 contre aucun sur 78 (Olsen 2002), 1 sur 154 contre 2 sur 74 (Lucky 2004). Elles sont en revanche fréquentes dans un autre essai chez la femme : 36,8 % sous solution à 2 %, contre 16,1 % sous mousse de minoxidil 5 % (Blume-Peytavi 2011), et chez 6 femmes sur 31 contre 1 sur 43 sous lotion d'extrait placentaire (Barat 2020).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : quatre essais randomisés. Dégradé de deux niveaux. Incohérence : les deux essais contre placebo trouvent très peu de démangeaisons, les deux autres en trouvent chez une femme sur cinq à plus d'une sur trois. Imprécision : quelques cas seulement dans les essais contre placebo. La façon de recueillir l'effet explique sans doute une partie de l'écart.

Niveau abaissé pour : incohérence, imprécision.

Hommes et femmes de 18 à 49 ans, suivis de six mois à un an.

Sous minoxidil 2 %, la densité de cheveux épais augmente-t-elle ?
Preuves faiblesConcordance non évaluable2 essais, 209 participants

Chez l'homme, le nombre de cheveux épais passe de 46,4 à 54,2 sur un cercle de 5,1 cm² en quatre mois, autant que sous placebo (de 46,7 à 53,2) (Rietschel 1987). Chez la femme, la densité de cheveux épais progresse plus sous minoxidil 2 % que sous cétirizine topique, à 13 semaines comme à 26 semaines (Alavi 2023).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : deux essais randomisés, tous deux à risque de biais élevé, avec des comparateurs différents. Dégradé de deux niveaux, pour risque de biais et imprécision. La concordance n'est pas évaluable.

Niveau abaissé pour : risque de biais, imprécision.

Hommes atteints au vertex, femmes de 18 à 50 ans. Suivi de quatre à six mois.

L'investigateur juge-t-il que le minoxidil 2 % apporte un bénéfice ?
Preuves modéréesRésultats mixtes2 essais, 774 participants

Sur une échelle de 0 à 100, l'investigateur juge le bénéfice à 30,2 sous minoxidil 2 % contre 12,6 sous placebo chez l'homme à un an (Olsen 2002) ; chez la femme, 37,4 contre 30,2, sans différence significative (Lucky 2004). Dans les deux essais, le 5 % ne fait pas significativement mieux que le 2 %.

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : deux essais randomisés en double aveugle contre placebo. Dégradé d'un niveau pour incohérence : écart net avec le placebo chez l'homme, non significatif chez la femme.

Niveau abaissé pour : incohérence.

Hommes et femmes de 18 à 49 ans. Suivi d'un an.

Les patients jugent-ils que le minoxidil 2 % leur apporte un bénéfice ?
Preuves modéréesRésultats mixtes2 essais, 774 participants

Sur une échelle de 0 à 100, les hommes jugent le bénéfice à 41,2 sous minoxidil 2 % contre 26,1 sous placebo à un an (Olsen 2002) ; les femmes à 50,5 contre 41,8, sans différence significative (Lucky 2004). Dans les deux essais, le 5 % est mieux jugé que le 2 % (50,5 contre 41,2 chez l'homme ; 60 contre 50,5 chez la femme).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : deux essais randomisés en double aveugle contre placebo. Dégradé d'un niveau pour incohérence : écart net avec le placebo chez l'homme, non significatif chez la femme.

Niveau abaissé pour : incohérence.

Hommes et femmes de 18 à 49 ans. Suivi d'un an.

Les patients sous minoxidil 2 % trouvent-ils leur cuir chevelu mieux couvert ?
Preuves modéréesRésultats mixtes2 essais, 774 participants

Sur une échelle où 50 signifie « inchangé », les hommes notent la couverture à 56,9 sous minoxidil 2 % contre 51 sous placebo à un an (Olsen 2002), les femmes à 62,9 contre 58,3 (Lucky 2004). Le 5 % est mieux noté chez l'homme (62), sans différence significative chez la femme (68,1).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : deux essais randomisés en double aveugle contre placebo. Dégradé d'un niveau pour incohérence : écart significatif chez l'homme, à la limite de la significativité chez la femme.

Niveau abaissé pour : incohérence.

Hommes et femmes de 18 à 49 ans. Suivi d'un an.

Quelle part des hommes voit une amélioration modérée sous minoxidil 2 %, selon le médecin ?
Preuves faiblesConcordance non évaluable2 essais, 271 participants

Une amélioration modérée est jugée chez 15,6 % des hommes sous minoxidil 2 % contre 4,9 % sous placebo à 24 semaines (Civatte 1987), et chez 8,34 % contre 33,34 % sous finastéride 1 mg à un an, chez des hommes indiens de 18 à 35 ans (Khandpur 2002).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : deux essais randomisés, dont un à risque de biais élevé, avec des comparateurs différents (placebo, finastéride). Dégradé de deux niveaux, pour risque de biais et imprécision. Aucun p propre à cette catégorie de réponse.

Niveau abaissé pour : risque de biais, imprécision.

Hommes de 18 à 49 ans. Suivi de six mois à un an.

L'investigateur voit-il le cuir chevelu mieux couvert sous minoxidil 2 % ?
Preuves modéréesRésultats mixtes2 essais, 774 participants

Sur une échelle de couverture de 0 à 100, l'investigateur note une progression de 10,3 points sous minoxidil 2 % contre 2,2 sous placebo chez la femme à un an (Lucky 2004), mais de 7 contre 2,5 chez l'homme, sans différence significative (Olsen 2002). Chez l'homme, le 5 % fait mieux que le 2 % (12,3).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : deux essais randomisés en double aveugle contre placebo. Dégradé d'un niveau pour incohérence : écart significatif chez la femme, pas chez l'homme.

Niveau abaissé pour : incohérence.

Hommes et femmes de 18 à 49 ans. Suivi d'un an.

De combien le nombre de cheveux augmente-t-il chez la femme sous minoxidil 2 % ?
Preuves faiblesRésultats concordants2 essais, 122 participants

Chez la femme, le nombre de cheveux d'un carré de 1 cm² augmente de 29,9 % en 32 semaines sous minoxidil 2 %, contre une baisse de 2,6 % sous placebo (Price 1990). Dans un autre essai, +13,8 % en 24 semaines, autant que sous mousse de minoxidil 5 % une fois par jour (+16,2 %) (Blume-Peytavi 2011).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : deux essais randomisés. Dégradé de deux niveaux. Imprécision : l'essai contre placebo ne compte que 4 femmes par bras. Risque de biais : tests unilatéraux, essai ancien. Le second essai confirme une hausse du même ordre face à la mousse de minoxidil 5 %.

Niveau abaissé pour : risque de biais, imprécision.

Femmes atteintes d'alopécie androgénétique. Suivi de six à huit mois.

Le minoxidil 2 % augmente-t-il la masse de cheveux ?
Preuves faiblesRésultats concordants2 essais, 45 participants

Le poids des cheveux recueillis sur une zone fixe augmente de 42,5 % en 32 semaines sous minoxidil 2 % chez la femme, contre 1,9 % sous placebo (Price 1990). Chez l'homme, il progresse aussi significativement plus que sous placebo sur 96 semaines (Price 1999), sans différence avec le 5 %.

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : deux essais randomisés contre placebo, à risque de biais élevé. Dégradé de deux niveaux, pour risque de biais et imprécision (4 femmes par bras dans l'un, 25 hommes analysés dans l'autre). Les deux trouvent un avantage significatif.

Niveau abaissé pour : risque de biais, imprécision.

Femmes, et hommes de 24 à 40 ans. Suivi de huit mois à près de deux ans.

Le minoxidil 2 % provoque-t-il une chute passagère au début du traitement ?
Preuves faiblesRésultats concordants2 essais, 153 participants

Une chute passagère en début de traitement est fréquente chez la femme sous minoxidil 2 % : 17,5 %, contre 12,5 % sous mousse de minoxidil 5 % (Blume-Peytavi 2011), et 7 femmes sur 20 (Zhang 2022).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : deux essais randomisés, sans placebo, où le minoxidil 2 % est comparé à d'autres formes ou associations. Dégradé de deux niveaux, pour imprécision et caractère indirect.

Niveau abaissé pour : imprécision, caractère indirect.

Femmes adultes, dont des femmes chinoises. Suivi de six mois.

Le minoxidil 2 % donne-t-il une amélioration marquée ?
Preuves faiblesConcordance non évaluable2 essais, 259 participants

Une amélioration marquée reste l'affaire d'une minorité sous minoxidil 2 % : 12,5 % des hommes contre 2,7 % sous placebo à 24 semaines (Connors 1990). Chez la femme, 32,2 % sont jugées en croissance modérée ou forte à la revue photographique, contre 44,2 % sous lotion d'extrait placentaire, sans différence significative (Barat 2020).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : deux essais randomisés. Dégradé de deux niveaux. Imprécision : peu de patients nettement améliorés. Caractère indirect : un seul essai compare au placebo, chez l'homme ; l'autre compare à une lotion d'extrait placentaire, chez la femme, avec un seuil différent (croissance modérée ou forte). La concordance ne peut pas être jugée.

Niveau abaissé pour : imprécision, caractère indirect.

Hommes de 18 à 49 ans au début de leur calvitie (Hamilton III vertex à V) et femmes adultes (Sinclair 2 à 5). Suivi de 24 semaines.

Chaque traitement en détail

Tous les critères mesurés pour chacun, dans tous ses essais.

Qualité des études mobilisées1 essai

Tout ce qui suit repose sur ces essais. Leur fiabilité conditionne la confiance à accorder à chaque chiffre.

Olsen 1992 · Arch Dermatol
Essai randomisé contrôlé, 32 participants

PubMed

Fiabilité limitéeHommes et femmes, pelade

Des faiblesses importantes, à interpréter avec prudence.

Le détail méthodologique

Essai randomise en double aveugle, 32 patients atteints de pelade etendue : prednisone orale en decroissance sur 6 semaines pour tous, puis minoxidil 2 % trois fois par jour ou vehicule pendant 14 semaines. Repousse de plus de 25 % chez 15 patients sur 32 a la fin de la prednisone. Parmi les repondeurs, la repousse est maintenue ou accrue 3 mois apres chez 6 sur 7 sous minoxidil contre 1 sur 6 sous vehicule, puis chez 3 sur 7 contre 0 sur 4 a 20 semaines : effectifs minuscules, aucun test rapporte. Prise de poids et labilite de l'humeur sous prednisone.

Populations étudiées1 population

Chaque indicateur porte l'étiquette de la population dans laquelle il a été mesuré. Un résultat obtenu chez l'un ne vaut pas automatiquement pour l'autre.

Hommes et femmes, pelade

Repondeurs a la prednisone (plus de 25 % de repousse), randomises ensuite entre minoxidil 2 % et vehicule

Arch Dermatol 1992, 2 indicateurs

Comprendre les termes employés

Les quelques mots de méthode qu'il n'est pas possible d'éviter sans perdre en précision.

Essai randomisé contrôlé
Les participants sont répartis au hasard entre le traitement testé et un comparateur. Le tirage au sort évite que les deux groupes diffèrent au départ, ce qui en fait le type d'étude le plus fiable sur une question de traitement.
Double aveugle
Ni le patient ni le médecin ne savent qui reçoit quoi. Cela compte surtout pour les symptômes déclarés par le patient : savoir que l'on prend un traitement suffit à modifier ce que l'on rapporte.
Placebo
Un traitement sans principe actif, d'apparence identique. Il sert de point de référence : une partie de l'amélioration observée sous traitement se produit aussi sans lui.
Écart réel ou dû au hasard
Une étude mesure un échantillon, pas toute la population : un écart entre deux groupes peut venir du seul hasard du tirage. Les auteurs le testent par un calcul statistique. « Très probablement réel » : le hasard l'explique très difficilement. « Probablement réel » : le hasard l'explique difficilement. « Peut être dû au hasard » : le calcul ne permet pas d'écarter le hasard, ce qui ne prouve pas pour autant que les deux traitements se valent.
Participants
Le nombre de personnes dans le groupe concerné. Un résultat obtenu sur quinze personnes est bien plus incertain que le même résultat sur trois cents.
Comparaison directe ou indirecte
Directe : les deux traitements ont été comparés dans le même essai, avec le même protocole. Indirecte : les chiffres viennent d'essais différents, sur des patients différents, et l'écart ne peut pas être lu comme une mesure.