Minoxidil topique 0,01 % face à Placebo

Comparaison directe : seuls les essais qui ont testé les deux traitements sur les mêmes patients, et les critères mesurés des deux côtés. 2 essais.

En bref

À la concentration de 0,01 %, le minoxidil topique ne fait pas mieux que le placebo dans deux essais anciens de fiabilité limitée, chez des hommes atteints de calvitie du vertex (preuves faibles). En 26 semaines, il fait gagner +1,25 cheveu épais sur une zone test de 5,1 cm², contre +15 sous placebo, sans différence significative (Shupack 1987). Dans l'autre essai, le gain est de +48 cheveux épais contre +81 sous placebo, et de +84 cheveux au total contre +90, sans que ces écarts soient testés (Olsen 1986).

Efficacité et résultats

2 critères

Ce que le traitement fait pousser, mesuré par rapport à l'inclusion.

Combien de cheveux

2

Le nombre de cheveux sur une surface donnée, avant et après traitement.

Cheveux épais gagnés sur une zone testLes cheveux d'épaisseur normale (hors duvet) gagnés dans un cercle d'un pouce de diamètre, compté à la loupe au sommet du crâne. Le chiffre est ramené au cm² pour se lire comme une densité. Mesuré en cheveux par cm², plus haut est mieux, ramené au cm² depuis une zone de 5,1 cm²
2 mesures, essais différents
Olsen 1986Shupack 1987Minoxidil topique 0,01 %Placebo
+9,41+15,88+0,25+2,94Olsen1986Shupack1987
À 6 mois (26 semaines)Olsen 1986Hommes 23 à 49 ansComparaison directe
Minoxidil topique 0,01 %15 dans ce groupe · 48 sur 5,1 cm²
+9,41cheveux par cm²
Placebo18 dans ce groupe · 81 sur 5,1 cm²
+15,88cheveux par cm²
À 6 mois (26 semaines)Shupack 1987Hommes 18 à 49 ansComparaison directe
Minoxidil topique 0,01 %12 dans ce groupe · 1,25 sur 5,1 cm²
+0,25cheveux par cm²
Placebo11 dans ce groupe · 15 sur 5,1 cm²
+2,94cheveux par cm²
À retenir Mesuré des deux côtés 2 fois, dans 2 essais. Minoxidil topique 0,01 % obtient le chiffre le plus favorable dans 0 mesure, Placebo dans 2. L'écart est testé dans 1 de ces mesures et probablement réel dans 0.
Cheveux gagnés sur une zone testLes cheveux gagnés dans un cercle d'un pouce de diamètre au sommet du crâne, comptés sur photographie. Le chiffre est ramené au cm² pour se lire comme une densité. Mesuré en cheveux par cm², plus haut est mieux, ramené au cm² depuis une zone de 5,1 cm², à 6 mois (26 semaines)
Hommes 23 à 49 ansComparaison directe, même essai
Minoxidil topique 0,01 %15 dans ce groupe · 84 sur 5,1 cm²
+16,47cheveux par cm²
Placebo18 dans ce groupe · 90 sur 5,1 cm²
+17,65cheveux par cm²
À retenir Une seule mesure des deux côtés (Olsen 1986, 6 mois) : +16,47 cheveux par cm² contre +17,65 cheveux par cm², soit un écart de 1,18 cheveux par cm², en faveur de Placebo. L'article ne teste pas cet écart.

FAQ

1 question

Les questions que l'on se pose sur ce traitement. Chaque réponse s'appuie sur les chiffres présentés plus haut.

Le minoxidil à 0,01 % a-t-il un effet ?
Preuves faiblesRésultats concordants2 essais, 158 participants

À 0,01 %, le minoxidil ne fait pas mieux que le placebo : +1,25 cheveu sur un cercle de 5,1 cm² en 26 semaines, sans différence significative (Shupack 1987), et +48 contre +81 sous placebo (Olsen 1986).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : deux essais randomisés dose-réponse, à risque de biais élevé. Dégradé de deux niveaux, pour risque de biais et imprécision. Les deux concordent : pas d'effet à cette dose.

Niveau abaissé pour : risque de biais, imprécision.

Hommes de 18 à 49 ans, calvitie du vertex. Ces essais servent à établir la dose efficace ; cette concentration n'est pas un traitement.

Chaque traitement en détail

Tous les critères mesurés pour chacun, dans tous ses essais.

Qualité des études mobilisées2 essais

Tout ce qui suit repose sur ces essais. Leur fiabilité conditionne la confiance à accorder à chaque chiffre.

Shupack 1987 · J Am Acad Dermatol
Essai randomisé contrôlé, 58 participants

PubMedDOI 10.1016/s0190-9622(87)70086-3

Fiabilité limitéeHommes 18 à 49 ans

Des faiblesses importantes, à interpréter avec prudence.

Le détail méthodologique

Essai dose-reponse en double aveugle contre placebo (vehicule), 58 hommes en 5 bras de 10 a 14, 6 mois. Comptage a la loupe des cheveux non-duvet dans un cercle d'un pouce au vertex, sans dire qui compte ni s'il est en aveugle. Gain moyen par patient : 54,1 (2 %), 36,8 (1 %), 25,9 (0,1 %), 1,25 (0,01 %), 15 (placebo) ; 0,1 % et plus font mieux que placebo et 0,01 % (p entre 0,001 et 0,01, ecrit « 0.01 > »), sans difference nette entre 0,1, 1 et 2 % (p entre 0,1 et 0,2). Petits bras, pas de calcul d'effectif, pas de perdus de vue rapportes. Moins de chute rapportee par les patients sous 1 et 2 %. Prurit chez 2 patients sous 2 %.

Olsen 1986 · J Am Acad Dermatol
Essai randomisé contrôlé, 100 participants

PubMedDOI 10.1016/s0190-9622(86)70138-2

Fiabilité limitéeHommes 23 à 49 ans

Des faiblesses importantes, à interpréter avec prudence.

Le détail méthodologique

Essai dose-reponse en double aveugle contre placebo (vehicule), 100 hommes inclus, 89 a 6 mois, 83 avec comptage. Cheveux comptes dans un cercle d'un pouce au vertex par un seul observateur experimente. Gain de cheveux non-duvet : +190 (2 %), +180 (1 %), +81 (0,1 %), +48 (0,01 %), et +81 sous placebo. Analyse sur logarithmes avec test de Duncan : le 2 % depasse le placebo et le 0,01 %, sans difference avec le 1 %. Effet placebo important, petits bras (15 a 18). Finance en partie par Upjohn. Evaluations subjectives non reprises (tableau illisible).

Financé par The Upjohn Company (en partie).

Populations étudiées2 populations

Chaque indicateur porte l'étiquette de la population dans laquelle il a été mesuré. Un résultat obtenu chez l'un ne vaut pas automatiquement pour l'autre.

Hommes 18 à 49 ans

Hommes de 18 a 49 ans, calvitie du vertex Hamilton III vertex ou IV

J Am Acad Dermatol 1987, 3 indicateurs

Hommes 23 à 49 ans

Hommes de 23 a 49 ans, calvitie du vertex Hamilton III vertex ou IV

J Am Acad Dermatol 1986, 4 indicateurs

Comprendre les termes employés

Les quelques mots de méthode qu'il n'est pas possible d'éviter sans perdre en précision.

Essai randomisé contrôlé
Les participants sont répartis au hasard entre le traitement testé et un comparateur. Le tirage au sort évite que les deux groupes diffèrent au départ, ce qui en fait le type d'étude le plus fiable sur une question de traitement.
Double aveugle
Ni le patient ni le médecin ne savent qui reçoit quoi. Cela compte surtout pour les symptômes déclarés par le patient : savoir que l'on prend un traitement suffit à modifier ce que l'on rapporte.
Placebo
Un traitement sans principe actif, d'apparence identique. Il sert de point de référence : une partie de l'amélioration observée sous traitement se produit aussi sans lui.
Écart réel ou dû au hasard
Une étude mesure un échantillon, pas toute la population : un écart entre deux groupes peut venir du seul hasard du tirage. Les auteurs le testent par un calcul statistique. « Très probablement réel » : le hasard l'explique très difficilement. « Probablement réel » : le hasard l'explique difficilement. « Peut être dû au hasard » : le calcul ne permet pas d'écarter le hasard, ce qui ne prouve pas pour autant que les deux traitements se valent.
Participants
Le nombre de personnes dans le groupe concerné. Un résultat obtenu sur quinze personnes est bien plus incertain que le même résultat sur trois cents.
Comparaison directe ou indirecte
Directe : les deux traitements ont été comparés dans le même essai, avec le même protocole. Indirecte : les chiffres viennent d'essais différents, sur des patients différents, et l'écart ne peut pas être lu comme une mesure.